Skipper de profession, Isabelle Joschke est née le 27 janvier 1977.
Elle a tiré ses premiers bords en optimist sur un lac en Autriche… loin de la mer. Sa passion pour la mer est venue plus tard, pendant ses études. C'est à l'issue d'une traversée de l'Atlantique qu'elle franchit le pas. Isabelle commença alors à travailler en tant que skipper en Méditerranée, puis aux Antilles et aux Etats-Unis, parcourant de nombreux milles.
Ensuite, elle entendit parler de la Mini, une vraie aventure qui l’attirait. Aussi, dès qu'elle eut assez d’argent de côté, elle se lança. Ce devint vite une véritable passion, pour laquelle elle consentit beaucoup de sacrifices...
L'aventure que représente cette transat, Isabelle y a déjà pris part en 2005, elle renouvelle l'expérience et s'en explique.
"Sur la Transat 2005, j’ai eu des problèmes d’énergie durant la première étape, qui m’ont obligé à barrer jour et nuit pendant, 8 jours, sans repos. Physiquement, c’était dur, mais moralement, c’était bien pire encore : un projet de deux ans dont les ambitions s’effondrent au deuxième jour, il faut l’encaisser…
Je me suis rattrapée sur la deuxième étape, mais le résultat final n’était pas celui que j’espérais. D’où l’envie d’y revenir en 2007. Et puis après avoir couru durant 3 saisons sur un prototype d’ancienne génération, j’ai eu envie de pouvoir me mesurer aux meilleurs, avec les mêmes armes qu’eux. Avec l’ancien bateau, finir dans les 5 était déjà super, mais je ne pouvais pas vraiment rêver de gagner.
Isabelle Joschke, à la barre de son proto Degrémont Synergie.
(Photo Stéphanie Gaspari)
De là est né le projet de construction d’un nouveau voilier. Ce bateau est une valeur sûre côté dessin et un bijou côté construction. Il est à la fois solide, fiable et très léger. Quitte à avoir un nouveau bateau, autant qu’il ait toutes les qualités !"
C’est ainsi qu'elle en fit la démonstration, à la barre de Degrémont-Synergie, remportant le 24 septembre dernier, la première étape de la présente transat.
L'arrivée victorieuse d'Isabelle Josche à Funchal
(Photo Yves Bonnet)
Elle parcourut les 1100 milles qui séparent La Rochelle de Funchal dans l'archipel de Madère, en 5 jours, 15 heures, 33 minutes et une poignée de secondes, à la vitesse moyenne horaire de 8,11 noeuds.
Elle devança le second, Samuel Manuard sur Sitting Bull, de 4 heures et 24 minutes.
Comme elle le confie: "Sur l’eau, je suis capable de me dépasser, voire de m’étonner moi-même, c’est mon point fort. Mais je suis consciente du facteur chance qui intervient dans une traversée en solitaire: une baleine, un billot de bois, et tout est fini… "
C'est bien exact que le facteur chance est important...!
Trois jours après le départ de la seconde étape, alors qu'elle occupait la 3ème place au classement général, le 9 octobre dernier, elle passa en quelques heures de la 3ème place à la huitième puis pointa à la 57ème, le lendemain matin.
De tout évidence Isabelle rencontrait un problème sur son proto. Un bateau accompagnateur alla à sa rencontre qui la contacta par VHF. C'est ainsi que nous avons appris que depuis les Canaries, elle avait eu à déplorer la rupture du pivôt du bout dehors de son bateau. Après avoir remplacé le pivot cassé par un neuf, qu'elle avait au nombre de ses pièces de rechange, celui-ci cassa à son tour lors d'un départ en vrac.
Arrivée d'Isabelle à Mindelo au Cap-Vert, dimanche 14 ocobre 2007
(Photo Poltikitak-Bateau accompagnateur)
Isabelle fut contrainte à une escale technique de 12 heures dimanche dernier à Mindelo au Cap-Vert. Après que le pivot et le bout dehors furent changés, Isabelle reprit la course dimanche soir à 22 heures, plus motivée que jamais.
Après quatre jours passés, sans pouvoir mettre le spi, elle est repartie de Mindelo, "gonflée à bloc", à "fond la caisse", bien décidée à rallier Salvador de Bahia, en remontant le plus de bateaux possible.
Aujourd'hui jeudi, à midi, Isabelle après 12 heures d'arrêt à Mindelo au Cap-Vert, était remontée à la 53ème place au classement, passant devant Sigrid Longeau qui était à la 55ème place.
Faut-il le rappeler, mais ils étaient 89 au départ de La Rochelle et sont encore 83 en course.
son site:
Bonne fin de transat et bon vent Isabelle !
Sophie Gueroult
Ingénieur naval, Sophie Gueroult est née le 30 mai 1981.
Née en Haute-Savoie, Sophie n’était pas vraiment prédestinée à la course au large. Toute jeune, elle faisait déjà de l’optimist sur le lac d’Annecy, en vrai marin d’eau douce. C'est sur ce magnifique plan d'eau qu'elle attrapa le virus et qu'ensuite elle passa ses week-ends à s'entraîner.
Elle participa aux Championnats de France Espoirs, puis passa en 420, puis brièvement en Europe, pour finir en match-racing. La voilà qui était lancée sur les océans, les vrais, ceux où l’horizon n’est pas fermé par une montagne… ou alors, une montagne...d’eau !
S'en suivirent quelques croisières aux Glénans ou entre amis, au Fastnet par exemple. Puis, en 2003, ce fut sa première participation à une course au large : Skippers d’Islande.
Mais, rapidement, Sophie se lassa des navigations en équipage car, selon ses propos: "C’était une trop grosse machinerie". Aussi, c'est tout naturellement, après avoir goûté aux plaisirs du Mini, en navigant avec deux ministes sur un Pogo, que lui vint l’envie de naviguer en solo. Car naviguer sur des gros bateaux avec des sorties à la journée, des équipages jamais complets et entraînés... ne lui convenait plus.
Sophie et son Felibre, lors du Prologue couru au large
de Fort-Boyard, le dimanche 16 septembre 2007.
Du coup, elle choisit le Mini, plus abordable et plus simple à mettre en place. Et puis confie-t-elle: "Qui plus est, professionnellement, je disposais de pas mal de temps libre, donc je sautai sur l’occasion !
Sophie Gueroult à la barre de Felibre, son Mini
Et voilà, je fais maintenant partie de la famille fort sympathique des ministes, ces petits furieux qui décident un jour de traverser l’Atlantique en solitaire sur leur coquille de noix de 6,50m !"
Pour Sophie comme pour la plupart des Ministes, traverser l’Atlantique est un rêve, qu’elle est en train de réaliser.
son site:
Bonne fin de course Sophie et bon vent !
Quelque soit leur classement dans cette transat, bravo à ces six femmes marins, qui méritent admiration et respect.
A l'instar de se lever de soleil, vu du Max Havelaar.
(Photo Max Havelaar-Bateau accompagnateur)
Bravo à ces femmes marins qui ont osé "mettre les voiles". Pour conclure, je dirais, qu'elles sont toutes les six, des "fées ministes" (jeu de mots) reconnues.