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Vendée Globe: l'infortune du skipper rochelais Yannick Bestaven

Après avoir passé un front violent avec des vents de 50 noeuds au près, tout semblait aller pour le mieux   pour Yannick Bestaven sur Aquarelle.com, qui naviguait en bonne place au milieu de la flotte du Vendée Globe.
 Image Hosted by ImageShack.usle cockpit d'Aquarelle.com

Puis vers 16 heures lundi après-midi, au lendemain du jour du départ, le vent tourna brutalement passant nord-ouest  mollissant  20 noeuds. Yannick Bestaven vira de bord travers  au vent, pour faire route vers le Cap Finisterre, dans une mer très formée. En renvoyant le deuxième ris, il se touvait en pied de mât quand, après avoir passé deux grosses vagues qui balayèrent le pont, le bateau retomba derrière la troisème, occasionnant la sortie du mât de son emplanture. S'en suivit la chute violente du mât, qui se brisa en trois morceaux.
Par chance dans son malheur, la longe  du harnais retint le skipper, tandis que le mât  s'écroulait à côté de lui sans le toucher. Dans la nuit noire, le mât, poussé par les vagues, donnait des coups de boutoir dans le bateau. Le skipper fut contraint de couper les haubans et les étais et de les jeter à l'eau. Il ne put  rien récupérer. Et, sous grément de fortune, contraint et forcé, il prit le chemin du retour aux Sables d'Olonne, à 250 milles  de là où il se trouvait dans le golfe de Gascogne.

Peu de temps avant lui, dans le groupe de tête de la flotte, Kito de Pavant sur Groupe Bel venait de connaître pareille mésaventure. Il n'avait pas eu le temps de dire ouf que Groupe Bel se retrouva couché à 90° sur l'eau. La Vache qui rit "faisait la gueule", dans cette posture. Sans paniquer, Kito de Pavant redressa la quille et reprit le sens de la course. Il se dit qu'après,   Groupe Bel allait glisser de plus en plus vite et rester dans le goupe de tête. C'est alors que le vent de nord-ouest revint plus fort, 25 noeuds, mais avec la mer de face, le skipper pensa  qu'il  allait pouvoir faire route directe vers le sud-ouest.
Sous un nuage le vent accéléra, groupe Bel aussi. Alors qu'il se trouvait à la table à cartes,  en train de téléphoner, Kito de Pavant sentit le bateau monter sur la vague abrupte, puis redescendre au fond du trou, puis...  ce fut le bruit assourdissant du mât qui tomba, se fracassant  en plusieurs morceaux.

Pour ces deux skippers, c'était déjà la fin du Vendée globe! De retour à 3 heures du matin, en pleine nuit aux Sables d'Olonne, nombreux étaient les sablais et les amis venus  attendre et  applaudir nos deux infortunés marins, à  leur arrivée. Il faut ajouter Marc Tiercelin sur DCNS à la liste des skippers victimes de démâtage. Quatre autres skippers, le suisse Bernard Stamm sur Cheminées Poujoulat, le canadien Derek Hatfield sur Agimouss Spirit of Canada, le français Jean-Baptiste Dejeanty sur Maisonneuve et le britannique Alex Thomson sur Hugo Boss,  victimes d'avaries, ont été obligés de faire demi-tour aux Sables d'Olonne, pour réparer.
Pourtant, réussir à se présenter sur la ligne de départ du Vendée Globe, relevait  un peu de l'exploit pour Yannick Bestaven qui avait été lâché par Cervin Enr, son sponsor, deux mois avant le départ de la course. En effet, dans ce court laps de temps, il avait réussi à mobiliser de nouveaux partenaires: Aquarelle.com, fidèle à ses projets, mais également, le Conseil Général de  Gironde et la station de La Clusaz.
 Image Hosted by ImageShack.usYannick Bestaven

Pour Yannick Bestaven et son équipe technique de six personnes, ce projet   était commun. Il consistait à apporter la preuve que l'on pouvait enrouler la planète bleue, sans recourir à l'utilisation d'énergie fossile, en exploitant la force du vent, la lumière solaire et le mouvement de l'eau sous la coque du bateau, pour alimenter les instruments de bord.

Image Hosted by ImageShack.usAquarelle.com est aussi équipé de panneaux photovoltaïques

Titulaire d'un DUT génie civil, Yannick Bestaven a poursuivi la tradition d'innovation, en mettant au point l'hydrogénérateur qui devait lui permettre de boucler le périple du Vendée Globe, sans utiliser le moteur d'Aquarelle. com,  et d'ouvrir ainsi une nouvelle voie écologiste  à la course au large et par extension à la plaisance. En gros, l'hydogénérateur est une turbine qui utilise la vitesse du bateau, pour créer de l'electricité, par l'intermédiaire d'une hélice immergée. Testé avec succès lors de la Transat anglaise en mai dernier,   l'hydrogénérateur intéresse plusieurs sociétés nautiques.

Après avoir terminé  à la 6ème de la Transat anglaise,  Yannick Bestaven aurait bien aimé, à l'occasion de sa première participation au Vendée Globe, pouvoir relever le défi,  en  prouvant que l'hydrogénérateur permet de créer suffisamment d'énergie pour pouvoir effectuer un tour du monde. Ce n'est que partie remise, mais quel dommage pour ce skipper novateur.

Vendredi dernier 14 novembre, j'étais au nombre de celles et ceux, venus accueillir Yannick Bestaven, pour son retour à la "maison" à La Rochelle.

Image Hosted by ImageShack.us
Le temps était gris et la brume enveloppait le chenal menant au port. Partie de Vendée à 5h30 du matin,  la coque d'Aquarelle.com émergea alors qu'il était 16 heures, la silhouette du skipper debout à la barre apparut. Des applaudissements saluèrent son entrée dans le bassin des chalutiers et l'on put lire un léger sourire sur les lèvres de Yannick Bestaven,  qui leva le bras et salua ceux venus à sa rencontre.
 Image Hosted by ImageShack.us
Puis, aidé par ses coéquipiers, le skipper amarra son voilier "gravement blessé", en face de l'aquarium.
 Image Hosted by ImageShack.usYannick Bestaven interviewé par des journalistes

Après avoir pris quelques photos, je laissai Yannick Bestaven aux médias, à ses amis, à ses proches et à sa famille.

Car, comme l'on dit: "- Le Vendée Globe continue !"... et les 26 skippers encore en course, ont encore beaucoup de chemin à parcourir.

Hier, c'était autour du skipper britannique Alex Thomson sur Hugo Joss d'abandonner, tandis que Loïc Peyron caracole en tête depuis 7 jours maintenant. Il avait ce matin, un peu plus de 40 milles d'avance sur Sébastien Josse à la barre de BT. Jean-Pierre Dick aux commandes  de Paprec-Virbac2, pointait à la troisième place.

A tous les skippers du Vendée Globe:"Bon vent !".
                 
  
           Pich


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F
Aie aie aie, dure cette course. Sympa les voiles de Bel !!
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C
heureusement que le facteur temps est essentiel sinon avec toute cette technologie, il n'y aurait pas grand interêt aux courses marines!!<br /> bon dimanche
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M
Je me mets à la place de ces navigateurs malchanceux.... C'est terrible après avoir passé de mois de préparation de ne pas pouvoir aller au bout de son rêve.
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