Pour ces deux skippers, c'était déjà la fin du Vendée globe! De retour à 3 heures du matin, en pleine nuit aux Sables d'Olonne, nombreux étaient les sablais et les amis venus attendre et applaudir nos deux infortunés marins, à leur arrivée. Il faut ajouter Marc Tiercelin sur DCNS à la liste des skippers victimes de démâtage. Quatre autres skippers, le suisse Bernard Stamm sur Cheminées Poujoulat, le canadien Derek Hatfield sur Agimouss Spirit of Canada, le français Jean-Baptiste Dejeanty sur Maisonneuve et le britannique Alex Thomson sur Hugo Boss, victimes d'avaries, ont été obligés de faire demi-tour aux Sables d'Olonne, pour réparer. Pourtant, réussir à se présenter sur la ligne de départ du Vendée Globe, relevait un peu de l'exploit pour Yannick Bestaven qui avait été lâché par Cervin Enr, son sponsor, deux mois avant le départ de la course. En effet, dans ce court laps de temps, il avait réussi à mobiliser de nouveaux partenaires: Aquarelle.com, fidèle à ses projets, mais également, le Conseil Général de Gironde et la station de La Clusaz.
Yannick Bestaven
Pour Yannick Bestaven et son équipe technique de six personnes, ce projet était commun. Il consistait à apporter la preuve que l'on pouvait enrouler la planète bleue, sans recourir à l'utilisation d'énergie fossile, en exploitant la force du vent, la lumière solaire et le mouvement de l'eau sous la coque du bateau, pour alimenter les instruments de bord.
Aquarelle.com est aussi équipé de panneaux photovoltaïques
Titulaire d'un DUT génie civil, Yannick Bestaven a poursuivi la tradition d'innovation, en mettant au point l'hydrogénérateur qui devait lui permettre de boucler le périple du Vendée Globe, sans utiliser le moteur d'Aquarelle. com, et d'ouvrir ainsi une nouvelle voie écologiste à la course au large et par extension à la plaisance. En gros, l'hydogénérateur est une turbine qui utilise la vitesse du bateau, pour créer de l'electricité, par l'intermédiaire d'une hélice immergée. Testé avec succès lors de la Transat anglaise en mai dernier, l'hydrogénérateur intéresse plusieurs sociétés nautiques.
Après avoir terminé à la 6ème de la Transat anglaise, Yannick Bestaven aurait bien aimé, à l'occasion de sa première participation au Vendée Globe, pouvoir relever le défi, en prouvant que l'hydrogénérateur permet de créer suffisamment d'énergie pour pouvoir effectuer un tour du monde. Ce n'est que partie remise, mais quel dommage pour ce skipper novateur.
Vendredi dernier 14 novembre, j'étais au nombre de celles et ceux, venus accueillir Yannick Bestaven, pour son retour à la "maison" à La Rochelle.
Le temps était gris et la brume enveloppait le chenal menant au port. Partie de Vendée à 5h30 du matin, la coque d'Aquarelle.com émergea alors qu'il était 16 heures, la silhouette du skipper debout à la barre apparut. Des applaudissements saluèrent son entrée dans le bassin des chalutiers et l'on put lire un léger sourire sur les lèvres de Yannick Bestaven, qui leva le bras et salua ceux venus à sa rencontre.
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Puis, aidé par ses coéquipiers, le skipper amarra son voilier "gravement blessé", en face de l'aquarium.
Yannick Bestaven interviewé par des journalistes
Après avoir pris quelques photos, je laissai Yannick Bestaven aux médias, à ses amis, à ses proches et à sa famille.
Car, comme l'on dit: "- Le Vendée Globe continue !"... et les 26 skippers encore en course, ont encore beaucoup de chemin à parcourir.
Hier, c'était autour du skipper britannique Alex Thomson sur Hugo Joss d'abandonner, tandis que Loïc Peyron caracole en tête depuis 7 jours maintenant. Il avait ce matin, un peu plus de 40 milles d'avance sur Sébastien Josse à la barre de BT. Jean-Pierre Dick aux commandes de Paprec-Virbac2, pointait à la troisième place.
A tous les skippers du Vendée Globe:"Bon vent !".