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Pupille de l' Education Nationale

     

                                        Au revoir mon institutrice préférée. A Dieu mamnan chérie!

 

Maman mit au monde son quatrième enfant, au mois d'avril 1951. Il s'agissait de ma troisème soeur, qui naquit à Bourg-en-Bresse, dans le département de l'Ain. Son état de santé ne lui avait pas permis de mener à terme sa grossesse et ma soeur vit le jour, un mois et demi avant la date initialement prévue. Ma mère souffrait, de plus en plus souvent, d'atroces maux de tête, à tel point, qu'elle fut hospitalisée d' urgence, pour quelques semaines... et, elle décéda, le 2 novembre 1951, des suites d'une sinusite frontale méningée, à l'hôpital de Chalon-sur-Saône. Elle avait tout juste trente deux ans, je n'avais pas encore dix ans et ma plus jeune soeur n'avait que six mois.

 

Quel malheur, quel drame, quelle tristesse, quelle tragédie !  Je ne trouve pas les mots exacts pour définir cette journée funeste. Nous étions au lendemain de la Toussaint et maman nous quittait, le jour de la Fête des défunts qu'elle venait de rejoindre.

 

C'est en pleurs que notre père nous avait appris la triste nouvelle. Il nous communiqua sa peine immense, laquelle nous envahit à notre tour. Nous, les trois enfants, les trois grands...prenions conscience que quelque chose de grave venait d'arriver. Que de sanglots, que de larmes versées à s'en vider corps et âme. Ma petite soeur couchée dans son berceau, la dernière née, se mit à crier et à pleurer aussi, mais ce n'était que pour réclamer son biberon. Les cloches du village avait annoncé tôt le matin, la triste nouvelle et la pluie qui tombait ajoutait à cette tristesse infinie.

 

Dans les tous premiers jours qui suivirent, mes soeurs et moi, nous séjournâmes chez un oncle et une tante. Le temps pour mon père, de faire inhumer maman dans le cimetière de La Genête, et d'effectuer toutes les démarches qu'exigeait sa nouvelle situation. Très vite, la fratrie que nous formions, fut désunie.

 

Ma toute petite soeur fut mise en nourrice à Lacrost. Mes deux autres soeurs cadettes se retrouvèrent dans un établissement appartenant à l'Education Nationale, situé à Changy, village proche de Charolles. Quant à moi, l'école de plein air de Cruzille, près de Tournus, me recueillit. 

 

Nous étions, nous les enfants, devenus pupilles de l'Education Nationale. Deux subrogés tuteurs avaient été désignés, pour veiller sur nous et assister notre père. Tous les établissements qui nous accueillirent étaient des internats. Ce fut une aide importante pour mon père, qui lui permit d'exercer le métier de représentant d'une société qui fabriquait de la belle vaisselle. Mes soeurs et moi avions sa visite de temps en temps.

Cela dura environ un an.

           Pich

 

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