En fait, il n'ya jamais eu de bagne , à vrai dire , sur l'Île de Ré. C'était un centre de transit où étaient rassemblés et enfermés les forçats, en attente de leur départ vers le bagne. Il y avait, en moyenne, deux voyages par an.
Ce furent, tout de même, plus de cinquante mille détenus qui séjournèrent dans la citadelle, de 1873 jusqu'au 28 novembre 1938, qui fut le jour du dernier départ, vers le bagne.
De 1873 à 1900, les forçats furent conduits en Nouvelle Calédonie, sur l'Île de NOU dans la baie de Nouméa.
A partir de 1901, les condamnés partirent pour
Saint Laurent du Maroni, bagne beaucoup plus connu, sous le nom de "Cayenne".
Escalier d'accès pour les bagnards
Extraits de leurs cellules des Maisons Centrales Françaises, les condamnés étaient dirigés vers la citadelle de Saint Martin de Ré.
Jusqu'en septembre 1933, ils transitèrent par La Rochelle. Ils étaient alors embarqués, dans des wagons cellulaires de dix neuf places, qui traversaient la ville, sous les regards des curieux. Ensuite de quoi, ils étaient convoyés par bateau à aubes ou à vapeur, jusqu'à l'Île de Ré.
Hautes sont les murailles d'enceinte de la citadelle
Débarqués encore habillés en civil, menottes aux poignets, ils remontaient à pied, sous bonne garde, le chemin poussièreux du petit bois de la Barbette, qui mène à la citadelle.
Et, bien que les militaires en garnison dans l'Île de Ré, n'eurent pas la charge des forçats, ils participèrent à la conduite des colonnes de condamnés, en renfort des gendarmes et des surveillants. Aussi , postés sur les hautes murailles, des clairons, prêts à sonner, guettaient tout mouvement suspect.