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Mon camarade de classe entre mes deux soeurs et moi à droite, tous au milieu des fleurs, sur l'île Agot.
"La Marie-Renée" n'avait pas de moteur pour se mouvoir mais seulement une paire de rames. Elle semblait perdue sur cette mer qui me paraissait immense. Vue de la grève, ce bateau de pêche dénommé plate, faisait penser à une coquille de noix voguant sur les flots.
Pourtant, nous allions à plusieurs miles de la côte pour pêcher. Mon père posait des lignes de fond et des casiers qui étaient attachés à des bidons en ferraille de cinq litres, vides, qui restaient en surface. Après avoir garni d'appâts les hameçons, les lignes étaient mises à l'eau, lestées de gros plombs pour éviter qu'elles ne dérivent trop loin. Ensuite, venait le tour des casiers.
Les lignes étaient relevèes, une demi-heure apès avoir été posées. Les poissons qui avaient mordu et restaient pris aux lignes, intacts, étaient décrochés et mis en bourriche. Ceux qui avaient été attaqués par les crabes, étaient jetés par-dessus bord. La ligne était aussitôt réarmée et remise à l'eau. Nous prenions des vielles, des merlans et des aiguilles de mer.
Posés la veille, les casiers étaient relevés le lendemain et vidés de leurs visiteurs, des crabes et des araignées essentiellement. Pourvus de nouveaux appâts frais, ils étaient remis à l'eau. Dans toutes ces opérations de pêche, je n'étais que spectateur, mais je ne perdais pas une miette des faits et gestes de mon père. J'étais un spectateur très attentif.
Mais je n'accompagnais mon père à la pêche que par petite mer, car la côte rocheuse, devenait très dangereuse par mauvais temps.
Il me revient encore que par une belle journée ensoleillée, ce devait être au mois de juin, toute la famille avait embarqué sur "La Marie-Renée", pour aller pique-niquer sur l'île Agot, appelée aussi île aux fleurs. Un de mes camarades de classe nous accompagnait. L'île Agot était à plusieurs miles de la côte.
Partis tôt le matin, nous y avions passé une très agréable journée et fait provision de beaux bouquets de fleurs sauvages multicolores et odorantes. Au retour, alors que nous approchions de la grève, un coup de vent déposséda ma mère de son chapeau de paille, qui passa par dessus bord. Maman réussit, tant bien que mal, à le récupérer à cause du courant. Ce fut l'unique fois où mon père emmena toute sa famille en mer, sur "La Marie-Renée".
Je crois bien me souvenir que de nous six: papa, maman, mes deux soeurs, mon copain et moi, seul mon père savait nager. Et, je ne me souviens pas que nous fussions équipés de gilets de sauvetage, pour effectuer cette ballade en mer.
Mais bon...nous rentrâmes sans encombre à la maison, qui fut abondamment fleurie par les nombreux bouquets de fleurs sauvages cueillies sur l'île Agot, dont les parfums frais et subtils embaumèrent toutes les pièces .
Pich