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La Genête : ce n'est plus une ferme, mais une résidence secondaire.
Je vis le jour un peu avant le "Baby Boom" en Bresse Bourguignone, au printemps de 1942, dans le village de Rancy en Saône et Loire. Il est connu des spécialistes, qui n'ont pas forcément une situation bien assise, pour sa fabrication de chaises paillées. Tout en longueur, Rancy s'étend sur plus d'un kilomètre, des deux côtés de la route départementale qui mène à Louhans.
Je suis né dans l'école et fut le seul des quatre enfants à naître à la maison, car cette année là, fut celle de la plus forte mortalité infantile enregistrée pendant la dernière guerre....Ouf, je l'ai échappé belle! D'autant, qu'en ces tous premiers jours du mois de mars, la Seille et la Saône en crue, étaient sorties de leur lit, submergeant les prairies, inondant les chemins et les routes aux environs. De telle sorte que, la sage-femme qui devait assister ma mère pour accoucher, était bloquée par l'eau arrivée aux marches du perron de sa maison. Elle voulait bien venir, mais elle était "coincée". Elle accepta cependant qu'on aille la quérir, ce que fit mon père avec sa barque de pêcheur.
Toujours est-il, que je vins au monde non sans difficulté, le cordon ombilical qui me reliait à ma maman, était enroulé autour de mon cou.
Les bressans sont surnommés "les ventres jaunes". Ce surnom vient de leur alimentation qui était faite autrefois, à base de farine de maïs. Laquelle farine, diluée dans l'eau ou le lait donnait des soupes plus ou moins épaisses, appelées "Gaudes".
Je n'avais pas le ventre jaune à ma naissance, mais de la couleur de ceux de tous les bébés quand ils naissent!
La Franche Comté est toute proche, et par très beau temps, on peut apercevoir, d'un côté les contreforts du Jura et de l'autre, les Monts du Mâconnais, La Roche de Solutré.
Louhans, petite ville de moins de dix mille habitants où naquit mon père, est une ancienne ville fortifiée, appelée aussi " Cité des Arcades". Capitale de la Bresse Bourguignone, elle a conservé intactes de l'occupation espagnole, ses 157 arcades qui bordent la grande rue, en direction de Lons le Saunier.
De très nombreux commerçants font de cette rue, une artère dynamique très animée, particulièrement le lundi, ainsi que toutes les places environnantes où se tient le marché. Ce marché et la foire qui a lieu deux fois par an, datent du XIIIème siècle, époque des grandes Foires du Moyen Age.
On y trouve toujours le fameux poulet de Bresse, surnommé "Reine des volailles, volaille des Rois" . Et, rituellement, tous les lundis, après le marché, on y vient déguster dans les restaurants, la tête de veau. Cette tradition perdure.
Ma mère était institutrice. Elle est née à La Genête, un tout petit village proche de Cuisery. La maison de mes grands-parents maternels existe toujours, sauf que de petite ferme qu'elle était, elle a été transformée en résidence secondaire.
Mon grand-père était un petit agriculteur qui faisait de tout un peu, mais suffisamment pour subvenir à ses besoins et à ceux de son bétail. Il vendait les excédents pour avoir de l'argent. Il entretenait son lopin de vigne et produisait sa "piquette". Il semait et récoltait du maïs, du blé, un peu d'orge, de l'avoine, des pommes de terres. Pour tout cheptel, il avait deux vaches et trois cochons auxquels s'ajoutait une basse-cour où il élévait des volailles et des lapins, pour avoir de la viande.
Il vivait en autarcie, n'avait pas d'automobile, n'en a jamais eu et ne se déplaçait qu'à pied ou à bicyclette. Tout au long de l'année, il était chaussé de ses gros sabots en bois dans lesquels il était pieds nus. Les vaches donnaient du lait, des veaux, et faisaient office de tracteur. Elles étaient attelées à l'aide d'un joug, à un grand chariot à quatre roues et ramenaient à la ferme la récolte de patates, de maïs et autres céréales. Elles tiraient aussi la charrue avec laquelle, mon grand-père retournait ses terres pour les ensemencer ensuite.
Après ce dur labeur, à la belle saison, elles allaient reprendre des forces dans la prairie toute proche de la ferme. Elles passaient l'hiver dans l'étable qui communiquait avec la pièce principale d'habitation, apportant en plus leur chaleur.
Je n'ai pas connu ma grand-mère maternelle qui avait quitté les siens avant que je naisse. Je ne connus pas non plus mon grand-père paternel qui exerçait le métier de caïfa, épicier ambulant qui allait, avec sa voiture à bras, de hameaux en villages par les chemins d'alentour, vendre ses produits.
Mon père, qui avait appris le métier de boucher, m'emmenait quelquefois avec lui lorsqu'il allait tuer le cochon dans les fermes. Mais, je préférais cent fois, naviguer sur la Saône en barque et l'accompagner dans ses parties de pêche miraculeuse.
Là, pas de cris du cochon qu'on égorge, les poissons même gros se débattent certes quand ils sont sortis de l'eau, mais on ne les entend pas. Et puis, son bâteau était équipé d'un vivier, fermant à clé avec un cadenas. Cela permettait aux poissons de pouvoir rester en vie encore quelque temps, dans l'eau de la rivière, avant qu'ils ne passent à la casserole!
Presque tous les ans, durant les vacances scolaires, nous déménagions pour un autre village du département de la Saône et Loire, où ma mère était mutée pour y enseigner à la prochaine rentrée des classes. Nous étions toujours grandement logés. Il est vrai qu'à cette époque, dans les villages, en dehors des notables, il y avait trois personnalités importantes: le maire, le curé et l'instituteur.
Pich