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Mes parents, unis pour le meilleur et pour le pire...
En effet, j'appris plus tard que les relations entre mon père et ses beaux-parents furent orageuses et, par voie de conséquence, celles de ma mère et de ses parents, difficiles.
Mes grands-parents maternels n'étaient pas favorables du tout, au mariage de leur fille avec mon père, qui faisait partie d'une fratrie de quatorze enfants, dont les parents n'avaient aucun bien.
Ils n'accompagnèrent pas leur fille à la cérémonie de son mariage, qui fut célébré au mois de juillet 1941, à la mairie de Brienne, village où vivait mon père, chez sa mère. J'appris également par sa soeur, ma marraine, que maman était absente aux obsèques de sa mère.
Le contentieux était donc grand entre eux.
Mon père, boucher de son métier, était souvent sollicité pour abattre et débiter clandestinement des animaux de bouche, dont la viande alimentait les gens, mais aussi... le marché noir!
Ma grand mère maternelle avait écrit une lettre anonyme, pour dénoncer mon père auprès des autorités allemandes locales. Elle avait chargé son autre fille d'aller remettre ce pli à son destinataire. Mais après que ma tante eut traversé, à bicyclette, le pont qui enjambe la Saône et sépare Lacrost de Tournus, elle "tomba" sur un contrôle de gendarmerie. L'enveloppe sur laquelle figurait l'adresse où elle se rendait, lui fut confisquée.
La chance voulut que cette lettre ne parvienne jamais à son destinataire, mais se retrouva entre les mains de l'un des reponsables locaux de la résistance qui vint voir ma mère à son domicile, à l'école. Il lui fit lire cette lettre qui dénonçait nommément mon père, pour abattage clandestin. Bien que non signée, maman reconnut immédiatement l'écriture de sa propre mère.
On ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas ses parents...mais rien aurait pu empêché les miens de s'unir, tant ils s'aimaient. Et puis, j'étais en route...!
Et quand je vis le jour, le 2 mars 1942, le nom de famille de ma mère, devint mon prénom.
Pich